Extrait de Magazin'Art, 9ième année Été 1997


Jean-Guy Desrosiers
un art ensorcelant


Comme cela s'est souvent produit ailleurs, les artistes ont tendance à se concentrer dans des agglomérations populeuses ou, du moins, à converger vers celles-ci. Montréal, Québec, Rimouski, et Chicoutimi en sont de bons exemples. Ces villes sont généralement au centre de régions pittoresques et particulièrement intéressantes. Au Québec, les Laurentides, Charlevoix, le lac Saint-Jean et la Gaspésie attirent de plus en plus les talents à découvrir.
   De ce point de vue, la ville de Québec est privilégiée. Elle n'a jamais manqué d'artistes de tout calibre qui l'ont décrite, interprétée, transformée, ou qui ont simplement choisi d'y habiter. Citer des artistes natifs de Québec, c'est amorcer l'histoire de l'art, non seulement du Québec mais du Canada entier ! En voici quelques-uns et non des moindres: Pellan, Lemieux, Légaré, Hamel, Huot, Picher, Julien, AIIeyn, Baillargé...
   Ainsi, Jean-Guy Desrosiers, bien que né à Sorel, s'est tôt dirigé vers la capitale provinciale pour y faire carrière et en traduire l'aspect unique. II s'est installé à Charlesbourg, à l'instar de Suzanne Bergeron, de St-Gilles, de Rémi Clark et de bien d'autres. II s'est laissé inspirer par le Château Frontenac, la Citadelle, la Basse-Ville de Québec. L'endroit, avec son port, ses falaises, l'île d'Orléans et ses trésors historiques, est un sujet en or.
   En dépit de la kyrielle de peintres qui ont illustré cette ville, Desrosiers a réussi à se démarquer. Ses images urbaines ont visiblement Québec comme point de départ, mais sous son pinceau, le milieu est transfiguré, idéalisé, métamorphosé; les constructions dansent et chantent, comme par un jour de fête, l'artiste laisse aller son imagination débordante.
  


Vin, raisin et violon, huile, 1997, 24 x 12 po.

Tantôt le crépuscule huile, 1997. 24 x 12 po.

Quand le soir tombe, huile, 1997, 12 x 24 po.




Extrait de Magazin'Art, 9ième année Été 1997


Par temps de froidure, huile, 1997, 16 x 20 po.
Un soir sur la patinoire, huile, 1997, 16 x 20 po.

Bien que Desrosiers admette une admiration pour Cézanne, Pissaro et autres impressionnistes et qu'on puisse dénoter quelque filiation, il échappe aux classifications habituelles. Qu'il s'arrête à Charlevoix, sur le Saint-Laurent ou en Gaspésie, il voit ces lieux à travers son optique bien personnelle. Ses compositions sont toujours soignées. II a une prédilection pour les couleurs chaudes. Son dessin est précis et mouvementé, même lorsqu'il est exubérant. Ses scènes sont pleines de lumière, qu'il renforce par moments par des pans de clarté plus intense. S'il faut à tout prix lui trouver une parenté, je pense qu'on doit regarder du côté de la musique et, surtout, du côté de la danse (le ballet Petrouchka, par exemple). Ses oeuvres sont bien rythmées et projettent une harmonie. Mais ces rapprochements sont arbitraires; l'art de Desrosiers mérite d'être contemplé pour ce qu'il est, point!
   L'artiste se dit autodidacte. Peut-être... II est de cette espèce qui rend la vie passionnante -Yehudi Menuhin, Rimbaud, Isadora Duncan, Pavarotti, Maria Callas, en général des êtres enthousiastes, convaincus, idéalistes,





Extrait de Magazin'Art, 9ième année Été 1997


Des fleurs jaunes et blanches, huile, 1997, 24 x 30 po.

ardents, qui sortent des rangs et qui ont le don d'entraîner l'imagination. II reste que Desrosiers a fréquenté l'école technique d'Ottawa et l'école des beaux-arts de Québec, et qu'il enseigne les arts plastiques au Patro-Amadour de Québec. II est membre de la Société artistique de la ville de Charlesbourg. Photographe dans l'aviation canadienne durant la Seconde Guerre mondiale, il est vite passé à la section des arts. II est également membre de l'International Arts Guild de Monte-Carlo.
   Même s'il n'est pas un paysagiste dans le sens ordinaire du mot, Desrosiers et tous ceux de sa génération et des précédentes ont constitué une collection de tableaux incomparable qui célèbre la beauté de la nature d'ici et celle des sites - sauvages ou faits de main d'homme - qui nous sont familiers.
   Ce qu'on pourrait appeler un happening collectif, dont les acteurs sont des originaux et des individualistes.

Paul Gladu

Les oeuvres de Jean-Guy Desrosiers sont présentées dans les galeries suivantes : Le Balcon d'Art, Saint-Lambert; Galerie Archambault, Lavaltrie; Galerie Michel Bigué, Saint-Sauveur; Galerie du Château Mont-Tremblant; Galerie l'Héritage, Québec; Galerie Au P'tit Bonheur, Pointe-au-Pic; Galerie Manseau, Joliette; Koyman Gallery, Ottawa; Masters Gallery, Calgary; Loch & Mayberry, Winnipeg (Mani toba), Whistler Gallery, Whistler (Colombie-Britannique).




Un bouquet, un livre, huile, 1997. 50 x 24 po.